• Morceau de mémoire (texte rédigé en classe Français)

           Le souvenir m'est encore frais. Je revois encore et encore la même scène.

           Je frissonne. Cette sensation de froideur me parcoure l'échine, elle me fige. Je ne vois plus rien du tout, même pas ce qui m'entoure. Soudain, la porte qui semblait se trouver à ma droite s'ouvrit, laissant un peu de lumière entrer dans la pièce. Deux jeunes personnes entrent dans la salle. Vêtues de bleu, une matraque à la main: des policiers. Enfin, c'est ce qu'il m'a semblé bien qu'ils n'aient pas de plaque. La fille recule, la main devant la bouche, effrayée. Le garçon s’élance rapidement à travers la pièce. Ils ne m'ont pas tout de suite vu. Je me redresse et regarde ce qui provoque leur réaction... Horreur. Là, au fond de la pièce, ce que je n'oublierai jamais. Une fillette, ou plutôt le cadavre d'une enfant. Elle est là, à moitié égorgée. Ses vêtements sont déchirés, imbibés de sang. Elle est figée, le temps s'est arrêter pour elle. Merde! Je le rejoins pour lui venir en aide et comprendre, et là... Le jeune se jette sur moi et m'immobilise. «Plus un geste» m'a-t-il crié. Étrangement, je ne cherche pas à lutter, je n'en ai aucune raison de tout façon. Je suis innocent et je le sais. Il me fait m'asseoir dans une seconde pièce. La fille fut chargée de me ligoter avec des draps. La mince affaire! Je me souviens… Qu'ils me harcèlent de questions, d'explications. Mais je ne réponds rien. J'en suis incapable. Je me pose moi même ces réflexions. Pourquoi je ne me souviens de rien? Et eux, qui continuent de brailler et qui commencent à me faire violence... Ça ne m'aide pas. Et de plus, je ne ressens pas la moindre douleur.

           Ça fait maintenant près d'un quart d'heure que ça dure. Ils finissent par s'arrêter, la fille sans doute épuisée, se dirige dans une pièce voisine. Le garçon, lui, probablement agacé, se rend dans le couloir. Peu de temps après, j'entends le son des portes qu'il cogne, sur lesquelles il s'acharne. Je l'entends encore. Ça ne s'ouvre pas? Je comprend assez vite que ce n'est pas qu'une simple porte qui est fermée. On est captifs. Oui comme dans les films de frissons et policiers. Mais là c'est réel, ça l'est encore pour moi!

           Le jeune semble râler et continue de taper les portes du couloirs. Il fait aussi des aller-retours, injuriant le monde. La fille quant-à-elle vient me rejoindre avec une autre chaise. Elle s'assoit en face de moi et me parle plus calmement en me demandant si je me sens bien. J’essaye de parler mais rien ne sort. Alors, je hoche simplement la tête pour me faire comprendre. Elle me pose ensuite une question afin de savoir si je suis muet... Je sens les larmes me couler encore sur les joues. Oui… Je ne sais pas comment cela s'est produit mais je suis muet ! La « policière » compris. Et me réclama tout de même de lui donner la moindre informations sur la fillette… Je ne sais rien, je croyais m'être fait comprendre, non ? Elle soupire, me fixe et tend une main vers mon visage. « Tu ne sais donc rien ? Tu es si innocent... » Pendant un instant je crois la voir sourire. Mais je n'en suis pas certain. Elle finit par se lever et partit en écartant sa chaise de la mienne.

           Quelques minutes passent… Personne ne revient et je n'entends plus un son. Qu'est ce qu'ils font? Je ne le saurais jamais bien-sûr. Je finis enfin par décider d'agir. Je fais basculer ma chaise sur le côté et tente de me libérer des liens. J'y parviens assez rapidement. Je me lève doucement en essayant de ne faire pas un bruit. Je sors de la pièce, le couloir est sombre, mal éclairé. Je m'avance au travers de celui-ci et remarque plusieurs portes détruites. Je m'approche pour regarder. Ça semble être les portes enfoncées par le jeune. Même si je trouve étrange cette quantité de poussière sur les débris. Toujours aucune trace d'eux et cette ambiance me glace le sang. Je reviens sur mes pas et pénètre dans la pièce de mon « réveil ». Je vais au fond, afin de voir le corps de l'enfant. Elle y est encore je crois... Mais en me rapprochant je ne vois qu'un mannequin. Où est-elle passée ? Ce n'est pas comme si elle pouvait se déplacer seule !

           Je fouille partout les moindres recoins de la pièce et pas une trace de sang, pas une trace de puanteur de chair putréfiée, plus aucune trace d'elle. Les policiers non-plus d'ailleurs, plus une nouvelle depuis ! J’entends brusquement une détonation venant du couloir. Un explosif ? Je me cache dans un coin de la salle. L'électricité a disjoncté. Je me retrouve complètement dans le noir de nouveau. Je suis recroquevillé dans un angle, proche d'une armoire. Bon sang, mais qu'est ce qu'il se passe ?!

           J'entends mal… Il me semble que des pas se rapprochent. J'ai l'impression que mon cœur va rompre! J'ai vraiment peur ! C'est tout proche. Devant la porte. Je m'arrête de respirer. Je sens de la sueur froide me couler le long du cou et du dos. Je ferme les yeux, espérant être mieux caché… J'entends finalement des paroles, plusieurs personnes arrivent dans ma salle. J'entrouvre les yeux, et perçois une lueur traverser la pénombre. Une lampe torche m'éclaire. La personne la tenant se rapproche de moi, suivit d'un pompier. Je me sens tomber. Ils m'aident pourtant à me relever… Ils me font sortir de la salle. Ils me servent d'appui. Je marche à leurs côtés, tout en regardant autour de nous. En quittant la salle je regarde mieux le mannequin et je m'aperçois qu'il ressemble à la fillette ! Plus loin, après une grande porte du couloir que l'on traverse, je m'aperçois que le jeune policier est étendu sur le sol. Une équipe médico-légale est regroupée autour de lui. Il est sur le sentier de la mort, il perd beaucoup de sang.

           Tout se trouble dans ma tête, j'ai mal. C'est quoi cette folie ? Je ne comprend toujours rien. Une fois dehors je fronce les sourcils et plisse les yeux, les rayons du soleil me brûlent la vue. Quand ils me font m’asseoir je vois une voiture de police… La jeune femme a les mains dans le dos, menottée.

           Suite à cela j'ai vu plusieurs psychologues. J'ai suivis des examens. Et enfin maintenant je retrouve ma lucidité. J'ai appris que mes ravisseurs étaient un couple de comédiens, qui avaient cherché à monter leur propre pièce de théâtre. Et ce à l'aide d'un cobaye. Et ce fut moi. Après un désaccord, la jeune femme avait poignardé l'homme avec un débris de porte. J'étais renfermé dans un ancien bâtiment désaffecté et j'y avait séjourné bien une semaine, mais je ne me souviens de rien d'autre. Et je ressens encore tout, comme si cela se reproduisait encore et encore.

     

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    Voilà, voilà! Ce texte, je l'ai écrit à l'occasion d'un événement sur les polards et le vin (sur Lunel), puis je n'ai pas gagné de prix, malheureusement... Cela m'a pas mal démoralisée, j'avais peur qu'il n'ait pas plu... MAIS! Durant la dernière semaine de cours (fin mai- début juin), ma mère a reçu un mail du CDI de mon lycée, avec une feuille d'accord pour donner le droit de publication/distribution dans le Florilège (livre qui rassemble des écrits de collégiens, de lycéens et plus âgés!), si il advenait que je sois sélectionnée! Je suis ravie qu'il est plus aux documentalistes de mon CDI, ça m'a redonné confiance! >w<

    Donc c'est décidé! Je vais tout faire pour écrire de mieux en mieux! *motivée*

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    Un avis de votre part me ferait encore plus plaisir, qu'il soit positif ou négatif! ^w^ (n'hésitez donc pas, hein!) 

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